Alors que la création marocaine prend son envol, qu’elle dépasse les limites et rapproche les frontières, jusqu’à représenter la plus grande vacation chez Pierre Cornette de Saint-Cyr, en association avec La maison de ventes La Marocaine des Arts… C’est un regard porté sur des artistes, jusqu’ici dans l’ombre, illustrant l’évolution d’un art pris entre abstraction et figuration, influencé par les grands maîtres, se singularisant par des techniques propres et l’invention de formes nouvelles… Tout un programme surprenant d’intensité et d’imagination débordante.
Puis, en ce mois de la photographie, poursuivons avec le portrait de Pierre Molinier dont la vente “The forbidden Sale“, collection Emmanuelle Arsan se fera chez Artcurial, courant de ce mois… A ne pas manquer !
Et toujours la possibilité de rejoindre Art cotation, pour dynamiser votre création…
Merci pour vos encouragements et votre assiduité !
Excellente lecture !
Georges LEVY
Fin octobre, la maison de ventes Pierre Cornette de Saint-Cyr, en partenariat avec La Marocaine des Arts, a tenu sa plus grande vacation de l’année consacrée à l’art contemporain occidental et marocain. “Nous sommes heureux et fiers de présenter ce que nous considérons comme le meilleur de l’art contemporain et d’après-guerre“ devait déclarer en substance Pierre Cornette de Saint-Cyr.
Cela témoigne aussi des relations de confiance entre les deux pays qui travaillent ensemble, sur le terrain des ventes aux enchères, depuis 2013. Fondateur du Studio des Arts vivants, où est implantée la Galerie 38 à Casablanca, collaborant avec La Marocaine des Arts, Fihr Kettani soulignait : “Aujourd’hui plus que jamais, nous constatons que les frontières ont éclatées faisant émerger une réalité artistique bien loin d’une géographie binaire prise entre Europe et Etats-Unis. Le regard porté sur L’inde, le marché asiatique, l’Amérique du Sud, l’Afrique et le Maroc a fait découvrir tout un univers artistique divers et riche“. Des formes nouvelles naissantes qui attestent donc de l’influence et du rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée. Selon Salima Tazi Kettani, directrice générale de La Marocaine des Arts : “Il est intéressant de voir la réciprocité picturale à travers deux cultures qui se croisent, s’entremêlent pour donner ce que nous connaissons aujourd’hui“.
Pour ne citer que lui, Jilali Gharbaoui a joué un rôle majeur, dans la poursuite des débats autour de la modernité marocaine. Avec Ahmed Cherkaoui, il est considéré comme l’un des fondateurs de l’Art moderne au Maroc. Il est exposé à travers le monde… D’ailleurs, son oeuvre Eclosion a, durant cette vente, obtenu un record mondial puisqu’elle fut adjugée 235.000€.
La Marocaine des Arts se félicite de cet engouement pour des artistes, dont le travail était, jusqu’ici, très peu mis en valeur. A Casablanca, les ventes montrent bien l’intérêt de collectionneurs pour ce nouveau marché. Ils sont à la recherche de pièces rares ou plus familières illustrant le parcours d’artistes dont l’art ne cesse d’évoluer, au gré du temps et de l’espace, pour nous plonger dans un univers de sensations, dont nous apprécions la maîtrise.

Chantal GUIONNET-FUSCO
Cosmos/Intime présenté à la Maison du Japon est la collection d’un psychiatre dont l’influence n’est plus à prouver sur l’archipel.

Depuis 1990, ce sont plus de 2000 oeuvres soigneusement choisies parmi la jeune génération d’artistes mais aussi de créateurs légendaires comme Ilya Kabakov, Tom Sachs ou Peter Doig.
Le psychiatre cultiva son goût pour tout ce qui fait la différence, l’anormalité, les vecteurs de troubles psychiques… “L’univers anormal dans l’art a le mérite de se déployer indéfiniment. Loin de guérir, il complique les situations, jusqu’à l’extrême, les confronte, les déchire ou les rompt, pour ne jamais plus les assembler… Ou les associer à d’autres phénomènes, tout aussi troublants. Des sensations multiples et diverses qui ont pour conséquence que le retour à la normalité provoque en moi une profonde déception. Un état qui fut, sans doute, à l’origine de mon engouement pour l’art et le départ d’une collection où se mêlent interrogation, malaise sociologique notamment d’un peuple qui, fragile et sensible, reste par trop immature“. Son idole psychédélique est le sulfureux Makoto Aida.


A égale distance entre le miroir de l’art européen et la tradition millénaire, la création ne cesse d’évoluer vers ce qu’il y a d’innovant. Dans un esprit de prospection, l’intime se libère pour se rapprocher des forces du cosmos.
Alors que les aînés, à commencer par Murakami, incarnent les malaises sociaux au pays du soleil levant, la jeune génération oscille vers un univers essentiellement basé sur l’observation du quotidien.
Entre laideur et beauté, l’art exprime, dans cet état, son doute et sa légitime ambiguïté… Ce qui donne à cette collection, un attrait particulier qu’on a plaisir à découvrir.
Chantal GUIONNET-FUSCO
A noter, pendant ce mois de la photographie, la mise aux enchères par Artcurial, d’une collection majeure, The forbidden sale, collection Emmanuelle Arsan… Un ensemble de près de 200 oeuvres de Pierre Molinier réunies par Emmanuelle Arsan qui fut une des muses de l’artiste, auteur du livre érotique Emmanuelle et co-réalisatrice du film qui en sera adapté. Elle entretint avec l’artiste – dès 1964 – une correspondance assidue, mettant ainsi en lumière, le processus créatif du peintre-photographe.


On se souvient de Pierre Molinier, pour ses clichés à forte charge érotique, images ambigües de l’androgynie et du fétichisme. Car l’artiste aimait se travestir, faire des montages et des collages photographiques, jusqu’à donner une “image parfaite“ où s’entremêlent ésotérisme et érotisme.
Son oeuvre singulière et énigmatique a influencé, au début des années 70, les artistes européens et nordaméricains du Body Art, et continue de retenir l’attention des créateurs, des critiques et des collectionneurs d’aujourd’hui.
Un temps, proche des Surréalistes, André Breton le qualifiera de “magicien de l’art érotique“.
Chantal GUIONNET-FUSCO


